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Valérie Simard de la revue Ouvrage et Nesrine Tedjini-Baïliche du collectif Pour une dignité politique s’entretiennent avec Gwenola Ricordeau, autrice de «Pour elles toutes: Femmes contre la prison». Car il nous apparaît urgent d’user de tous les outils à notre disposition afin d’abattre les pouvoirs les plus criminels de l’État colonial, il nous semble indispensable de penser l’abolitionnisme pénal et non seulement carcéral, ensemble.

Les intervenantes posent les enjeux dans une perspective féministe, décoloniale et antiraciste. Il est question de l’instrumentalisation des luttes féministes pour justifier le système pénal ou même sa bonification, et des processus de justice alternative qui diffèrent rarement de la justice telle que conçue par l’État. Les crimes d’État sont dénoncés, en passant des crimes policiers, à l’incarcération de masse des personnes non-blanches, aux camps de rétention, à la criminalisation, etc.

De plus, Adore du collectif CATS intervient pour rappeler les luttes des travailleuses du sexe visant à décriminaliser l’entièreté des activités liées à leur travail.

Événement enregistré et diffusé en direct le 10 mai 2021.

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Si la gauche considère depuis longtemps, l’usine comme le lieu ultime de l’exploitation de ses ouvriè·re·s, dans le livre Te plains pas, c’est pas l’usine (niet!éditions, 2020) Lily Zalzett et Stella Fihn proposent de tourner leur regard vers les milieux associatifs en France. Un peu comme dans les organismes communautaires au Québec, les associations françaises se présentent souvent comme des espaces où se construisent et se mettent en forme des utopies, où le travail se ferait en accord avec des valeurs sociales et non avec la recherche de profit. Or, ayant des expériences importantes dans les milieux associatifs (à titre d’intervenantes, de salariées et de membre de conseil d’administration), les autrices se sont rapidement butées au mirage associatif, dans un contexte de travail marqué notamment par un sous-financement chronique, un précariat en emploi et un taux de roulement du personnel qui rend difficiles les possibilités de s’organiser. Le constat d’écarts forts entre les discours produits par les associations et le travail réel, ainsi que la réception des critiques qui est parfois reçue très durement leur a donné l’envie d’écrire ce livre.

Pour tenter de mieux comprendre leur environnement, ses mécanismes d’exploitation, et pour réussir à collectiviser les causes des burn-out récurrents en milieu associatif, les autrices ont entrepris un travail d’enquête du travail à travers une série d’entrevues et d’analyses. À l’occasion de cet événement organisé par la revue Ouvrage, Annabelle Berthiaume, du comité de rédaction, interrogera une des autrices du livre, Lily Zalzett, sur la démarche et les conclusions de cette enquête, mais aussi sur ses propositions pour organiser les milieux associatifs.

Un extrait du livre «Te plains pas, c’est pas l’usine: L’exploitation en milieu associatif» est disponible ici.

Événement diffusé le 28 avril 2021.

L’illustration est tirée de l’œuvre Figure Drawing de Lais Matuck.

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Le CATS – Comité autonome du travail du sexe – à Montréal faisait son lancement le 3 mars 2021. Le groupe revendique la décriminalisation du travail du sexe et de meilleures conditions de travail dans l’industrie du sexe. Valérie Simard, membre du comité de rédaction, s’est entretenue avec quelques membres pour en savoir plus sur leur mode d’organisation, les revendications portées et les difficultés vécues par les travailleuses et travailleurs dans l’industrie.

Pour en savoir plus sur le CATS, visitez leur site internet: cats-swac-mtl.org.

Retrouvez-le aussi dans un entretien avec une militante du English Collective of Prostitutes: «En grève du travail du sexe contre les violences».

La musique est une réalisation de Stefan Christoff.

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Lorsque les États ont imposé le confinement et la distanciation, fermé les écoles et refusé aux proche-aidant·e·s l’accès aux centres de soins pour personnes âgées, on a secoué l’équilibre précaire de la répartition du travail de reproduction sociale. Ces mesures, si elles se sont avérées efficaces pour limiter la propagation du virus et éviter l’engorgement du réseau de santé, sont pourtant insuffisantes et parfois dangereuses pour les populations les plus vulnérables. Dans le contexte, on peut difficilement se surprendre de la difficulté d’assurer la continuité pédagogique dans les foyers et de la catastrophe humanitaire dans les centres de soins pour ainé·e·s.

La crise sanitaire révèle ainsi une autre crise, celle de la reproduction sociale. Dans la foulée de la crise économique de 2008, dans un essai intitulé «De l’accompagnement des personnes âgées et des limites du marxisme», Silvia Federici pressait déjà la gauche radicale à prendre en charge la question de la vieillesse restée depuis toujours dans son angle mort, dans l’optique notamment «d’empêcher que la réponse apportée à la crise prenne la forme d’un tri aux dépens des personnes âgées».

Quelque dix ans plus tard, alors que cette question est d’autant plus pressante en contexte de crise sanitaire, Valérie Simard, s’entretient avec la militante et théoricienne féministe. Une discussion afin de tirer des leçons de la crise sanitaire qui secoue le monde.

Événement diffusé le 31 mai 2020.

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Une conversation avec la théoricienne Leigh Claire La Berge à propos du concept de travail démarchandisé, qu’elle propose pour penser le travail après la financiarisation. Soulignant l’omniprésence du travail et la disparition des salaires dans notre moment contemporain, La Berge propose une analyse et une périodisation de la relation capital-travail à la lumière de la récente explosion de formes non rémunérées de travail. C’est cette situation, où travailler plus implique d’être payé moins, voire pas du tout, qu’elle souligne par le travail démarchandisé, dont les sites d’emploi combiné et inégal se multiplient, de la télé-réalité à l’exercice de la citoyenneté, en passant par l’école.

Vous pouvez lire «Le travail démarchandisé : Conceptualiser le travail après le salaire» de Leigh Claire La Berge sur ouvrage.

Événement diffusé le 7 mai 2020.

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