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Dans un texte originalement publié le 3 juin 2020, lors de la première vague de la COVID-19 au Québec, Adore Goldman propose une analyse des discours politiques sur le travail du sexe pendant la pandémie. L’autrice fait la lecture de «Travail du sexe, pandémie & répression» afin de réfléchir à la répression subie alors et maintenant par les travailleuses et travailleurs dans l’industrie du sexe.

La musique est tirée de l’oeuvre de The Hathaway Family Plot.

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«Capitalocène, déchets, race et genre» est le titre d’un article de Francoise Vergès publié le 29 novembre 2021 sur la revue Ouvrage. À l’occasion d’une discussion avec Léa Payet, l’autrice présente les analyses qu’elle y développe, et les considérations qui l’ont poussée à s’intéresser à ces questions.

La discussion a été enregistrée à la fin de l’automne 2021. La musique est réalisée par l’artiste Sous-Systèmes et l’image est une oeuvre de Carlos Quiterio et Graça Santos.

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Une lecture par Etienne Simard de son texte «Une gang de tu-seuls: télétravail et dystopie pandémique». Le texte a d’abord été diffusé en ligne le 12 octobre 2020.

La crise sanitaire a précipité la généralisation du télétravail à domicile dans bon nombre de secteurs. S’il présente une situation privilégiée face aux risques de contagion ainsi que des avantages non négligeables en termes de flexibilité, il attaque aussi nos capacités d’auto-organisation en milieux de travail et contribue à moyens termes à la détérioration de nos conditions de vie. D’abord en faisant éclater les collectifs de travail déjà mal en point, ensuite en nous dépossédant d’espaces de réflexion théorique et pratique nécessaire à la prise de contrôle sur toutes les dimensions des luttes pour l’amélioration et la transformation de la vie. En recourant aux théories de la reproduction sociale, au concept de l’usine sociale, aux considérations sur les conditions matérielles nécessaires à l’écriture et, surtout, grâce aux témoignages de plusieurs mes collègues, j’expose les réflexions que m’a inspiré l’expérience du télétravail durant le confinement.

La musique est tirée de la pièce Thegntlmn réalisée par Ohayou Gozaimasu sur l’album Earbuds (volume 2) et de la pièce Thegntlmn réalisée par Lunar Hypothesis sur le même album.

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Une lecture par Natalie Stake-Doucet de son texte «La dame raciste à la lanterne». Le texte a d’abord été diffusé en ligne le 30 novembre 2020.

Florence Nightingale est impossible à ignorer quand on est infirmière. Dès mes premières sessions au cégep, j’ai entendu parler d’elle, et la saga a continué tout au long de mes études et dans mes différents milieux de travail. Le volume de l’attention qui lui était portée m’a toujours mise mal à l’aise. En voyant des images d’elle et les extraits de ses écrits qu’on nous présentait à travers des textes qui l’encensaient, j’avais toujours une impression de déconnexion. Déconnexion de moi par rapport à une icône dans laquelle je ne me reconnaissais pas et déconnexion entre les mots qui venaient d’elle et les textes que je lisais sur elle. J’ai longtemps essayé de l’ignorer, de fouiller pour chercher des modèles de rôle infirmiers qui me ressemblaient plus. Mais c’est impossible de complètement ignorer Nightingale. Le poids de son héritage est lourd et visible partout. C’est en commençant à étudier la structure sociopolitique de l’hôpital moderne que j’ai pu commencer à articuler les problèmes que cause la vénération sans critique que ma profession lui porte. Les répercussions de sa réforme hospitalière en Angleterre ont eu des répercussions à travers les colonies britanniques, dont le Canada. Le modèle hospitalier et infirmier qu’elle a développé est devenu un outil colonial qu’elle a supervisé tout au long de sa vie. Il est important de reconnaitre cet aspect de la vie et du travail de Nightingale, car il parle des fondements mêmes de notre profession. Qu’est-ce qu’une infirmière exactement ? On se le demande souvent. Ce texte se veut un outil qui explore et jette un œil critique sur les racines de la profession infirmière.

La musique est tirée de la pièce Nice and simplistic réalisée par Jared C. Balogh.

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À l’heure où le champ de l’art contemporain traverse une vague de fermetures institutionnelles temporaires, voire définitives, les derniers mois ont donné lieu à un activisme d’un genre nouveau. Ici et là circulent des pétitions pour soutenir le MO.CO menacé de disparition ou pour s’indigner contre la fermeture du Parc Saint Léger. En décembre dernier, des rassemblements ont eu lieu pour rouvrir les institutions culturelles malgré la crise sanitaire. Sur les réseaux sociaux, des directeur·rice·s d’institutions, de commissaires d’exposition, des artistes, des journalistes, dans un ultime geste de résistance, prennent la plume pour tirer la sonnette d’alarme à propos de l’extinction progressive des institutions d’art contemporain. Il est intéressant de se livrer à une analyse des propos tenus par ces acteur·rice·s institutionnels tant pour dénoncer les causes de fermeture de ces lieux que pour justifier la nécessité de leur survie en ce qu’ils sont significatifs de l’idéologie qui les sous-tendent.

La musique est tirée de la pièce Goodwill parue sur l’album She Hate Me par The Custodian of Records.

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Lecture par Kathleen DUROCHER de son article intitulé « Une grève de femmes : le cas des allumettières et de l’Association ouvrière catholique féminine de Hull (1918-1928) ». Le texte a d’abord été diffusé en ligne le 19 octobre 2020.

Des années 1870 à 1928, l’allumière  de la E.B. Eddy se démarque en tant que principale productrice  d’allumettes au Canada, ce bien essentiel du quotidien avant que  l’électrification ne s’entame réellement. Durant des décennies, des  centaines d’employé·e·s, principalement des adolescentes et des jeunes  femmes, s’affairent à l’emballage des bouts de bois inflammables.  Travaillant dans des conditions difficiles, entre 50 à 60 heures par  semaine, et ce, toute l’année, elles ne gagnent qu’un maigre salaire  octroyé à la pièce. Victimes de ce système d’exploitation  instauré par le plus puissant employeur de la ville, les ouvrières de la  E.B. Eddy n’ont que peu de ressources pour améliorer leurs conditions  de travail. Ce ne sera qu’à partir de 1918 que la situation se  transforme alors que les travailleuses s’unissent sous la bannière d’un  syndicat catholique nouvellement créé. Jusque-là exclues des tentatives  de syndicalisation, elles se démarquent rapidement par leur  participation active au sein de l’organisation. Leurs réussites se font  connaître non seulement à Hull, mais aussi dans le reste du Canada.

Les extraits musicaux sont tirés des pièces This Way…No, This Way et Close Of Play de Bleak House sur leur album Outwardly.

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Valérie Simard de la revue Ouvrage et Nesrine Tedjini-Baïliche du collectif Pour une dignité politique s’entretiennent avec Gwenola Ricordeau, autrice de «Pour elles toutes: Femmes contre la prison». Car il nous apparaît urgent d’user de tous les outils à notre disposition afin d’abattre les pouvoirs les plus criminels de l’État colonial, il nous semble indispensable de penser l’abolitionnisme pénal et non seulement carcéral, ensemble.

Les intervenantes posent les enjeux dans une perspective féministe, décoloniale et antiraciste. Il est question de l’instrumentalisation des luttes féministes pour justifier le système pénal ou même sa bonification, et des processus de justice alternative qui diffèrent rarement de la justice telle que conçue par l’État. Les crimes d’État sont dénoncés, en passant des crimes policiers, à l’incarcération de masse des personnes non-blanches, aux camps de rétention, à la criminalisation, etc.

De plus, Adore du collectif CATS intervient pour rappeler les luttes des travailleuses du sexe visant à décriminaliser l’entièreté des activités liées à leur travail.

Événement enregistré et diffusé en direct le 10 mai 2021.

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Si la gauche considère depuis longtemps, l’usine comme le lieu ultime de l’exploitation de ses ouvriè·re·s, dans le livre Te plains pas, c’est pas l’usine (niet!éditions, 2020) Lily Zalzett et Stella Fihn proposent de tourner leur regard vers les milieux associatifs en France. Un peu comme dans les organismes communautaires au Québec, les associations françaises se présentent souvent comme des espaces où se construisent et se mettent en forme des utopies, où le travail se ferait en accord avec des valeurs sociales et non avec la recherche de profit. Or, ayant des expériences importantes dans les milieux associatifs (à titre d’intervenantes, de salariées et de membre de conseil d’administration), les autrices se sont rapidement butées au mirage associatif, dans un contexte de travail marqué notamment par un sous-financement chronique, un précariat en emploi et un taux de roulement du personnel qui rend difficiles les possibilités de s’organiser. Le constat d’écarts forts entre les discours produits par les associations et le travail réel, ainsi que la réception des critiques qui est parfois reçue très durement leur a donné l’envie d’écrire ce livre.

Pour tenter de mieux comprendre leur environnement, ses mécanismes d’exploitation, et pour réussir à collectiviser les causes des burn-out récurrents en milieu associatif, les autrices ont entrepris un travail d’enquête du travail à travers une série d’entrevues et d’analyses. À l’occasion de cet événement organisé par la revue Ouvrage, Annabelle Berthiaume, du comité de rédaction, interrogera une des autrices du livre, Lily Zalzett, sur la démarche et les conclusions de cette enquête, mais aussi sur ses propositions pour organiser les milieux associatifs.

Un extrait du livre «Te plains pas, c’est pas l’usine: L’exploitation en milieu associatif» est disponible ici.

Événement diffusé le 28 avril 2021.

L’illustration est tirée de l’œuvre Figure Drawing de Lais Matuck.

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Le CATS – Comité autonome du travail du sexe – à Montréal faisait son lancement le 3 mars 2021. Le groupe revendique la décriminalisation du travail du sexe et de meilleures conditions de travail dans l’industrie du sexe. Valérie Simard, membre du comité de rédaction, s’est entretenue avec quelques membres pour en savoir plus sur leur mode d’organisation, les revendications portées et les difficultés vécues par les travailleuses et travailleurs dans l’industrie.

Pour en savoir plus sur le CATS, visitez leur site internet: cats-swac-mtl.org.

Retrouvez-le aussi dans un entretien avec une militante du English Collective of Prostitutes: «En grève du travail du sexe contre les violences».

La musique est une réalisation de Stefan Christoff.

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Lorsque les États ont imposé le confinement et la distanciation, fermé les écoles et refusé aux proche-aidant·e·s l’accès aux centres de soins pour personnes âgées, on a secoué l’équilibre précaire de la répartition du travail de reproduction sociale. Ces mesures, si elles se sont avérées efficaces pour limiter la propagation du virus et éviter l’engorgement du réseau de santé, sont pourtant insuffisantes et parfois dangereuses pour les populations les plus vulnérables. Dans le contexte, on peut difficilement se surprendre de la difficulté d’assurer la continuité pédagogique dans les foyers et de la catastrophe humanitaire dans les centres de soins pour ainé·e·s.

La crise sanitaire révèle ainsi une autre crise, celle de la reproduction sociale. Dans la foulée de la crise économique de 2008, dans un essai intitulé «De l’accompagnement des personnes âgées et des limites du marxisme», Silvia Federici pressait déjà la gauche radicale à prendre en charge la question de la vieillesse restée depuis toujours dans son angle mort, dans l’optique notamment «d’empêcher que la réponse apportée à la crise prenne la forme d’un tri aux dépens des personnes âgées».

Quelque dix ans plus tard, alors que cette question est d’autant plus pressante en contexte de crise sanitaire, Valérie Simard, s’entretient avec la militante et théoricienne féministe. Une discussion afin de tirer des leçons de la crise sanitaire qui secoue le monde.

Événement diffusé le 31 mai 2020.

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