Valérie Simard

 

Valérie Simard est enseignante à Montréal. Elle fait partie du groupe des travailleuses et travailleurs progressistes en éducation (TTPE/PEW) et a récemment participé à l’organisation de la campagne pour la rémunération des stages, en particulier au sein du CUTE UQAM. Elle fait partie du comité de rédaction de la revue Ouvrage.

La reproduction ne sera pas télédiffusée

Par Valérie SIMARD —

La crise de la COVID-19 met en évidence qu’il n’est pas possible de technologiser entièrement le travail de reproduction. Elle démontre aussi que lorsqu’on renvoie entièrement le travail reproductif dans la sphère privée en réduisant la part de ce travail socialisée par l’intermédiaire de l’État ou sous-traitée à des aides-domestiques et des nounous dans certains foyers, les femmes ne peuvent plus participer aussi activement à la production capitaliste. Pourtant, l’isolement physique par les mesures de confinement s’est rapidement imposé comme la mesure la plus efficace, voire la seule solution mise de l’avant pour contenir la propagation du virus. Si le travail de reproduction sociale est négligé, si on ne le prend plus en charge, on fait face à une crise de la reproduction.

«Je n’ai jamais vu la ville ainsi. Elle est comme endormie.» Témoignages des travailleuses et travailleurs essentiel·le·s

Des entrevues audio de Stefan CHRISTOFF, Colligées par Valérie SIMARD — Free City Radio a documenté la parole des travailleuses et des travailleurs qui se trouvent aux premières lignes afin de faire connaître leurs perspectives. Bien que faisant rarement l’objet des discours des politicien⋅ne⋅s et des médias de masse, les petit⋅e⋅s salarié⋅e⋅s, le plus souvent des personnes immigrantes, se retrouvent aussi au front dans le contexte de la pandémie actuelle. Ce sont les personnes qui travaillent dans les entrepôts, qui se trouvent derrière le comptoir à la boulangerie, qui livrent la pizza, qui tiennent les caisses dans les pharmacies; ces emplois, qui offrent rarement plus que le salaire minimum, sont ceux qui ne s’interrompent jamais, malgré les risques pour la santé que présente le travail avec le public pendant une crise sanitaire. Ce sont ces réalités que Free City Radio a voulu partager dans cette série d’entrevues.