Kathleen Durocher

 

Kathleen Durocher est présentement candidate au doctorat en histoire avec concentration en études féministes à l’Université du Québec à Montréal. Titulaire d’une maîtrise en histoire de l’Université d’Ottawa, elle se spécialise en histoire des femmes et du travail au Canada. Ses recherches actuelles portent plus précisément sur les dangers du travail dans l’industrie de l’allumette.

Une grève de femmes : le cas des allumettières et de l’Association ouvrière catholique féminine de Hull (1918-1928)

Par Kathleen DUROCHER — Des années 1870 à 1928, l’allumière de la E.B. Eddy se démarque en tant que principale productrice d’allumettes au Canada, ce bien essentiel du quotidien avant que l’électrification ne s’entame réellement. Durant des décennies, des centaines d’employé·e·s, principalement des adolescentes et des jeunes femmes, s’affairent à l’emballage des bouts de bois inflammables. Travaillant dans des conditions difficiles, entre 50 à 60 heures par semaine, et ce, toute l’année, elles ne gagnent qu’un maigre salaire octroyé à la pièce[1]. Victimes de ce système d’exploitation instauré par le plus puissant employeur de la ville, les ouvrières de la E.B. Eddy n’ont que peu de ressources pour améliorer leurs conditions de travail. Ce ne sera qu’à partir de 1918 que la situation se transforme alors que les travailleuses s’unissent sous la bannière d’un syndicat catholique nouvellement créé. Jusque-là exclues des tentatives de syndicalisation, elles se démarquent rapidement par leur participation active au sein de l’organisation. Leurs réussites se font connaître non seulement à Hull, mais aussi dans le reste du Canada.