Etienne Simard

 

Etienne Simard est technicien en documentation dans la fonction publique. Il a participé à bon nombre d’initiatives d’auto-organisation au cours de la dernière décennie et contribue sur une base régulière à la revue Ouvrage, notamment par la traduction de plusieurs textes.

Technologie, exploitation, auto-organisation

Par Etienne SIMARD –
L’histoire n’est pas linéaire et le développement technologique ne tend pas naturellement vers le progrès. Lorsqu’on parle de révolutions industrielles, on réfère surtout aux moyens à la disposition du capital pour mettre davantage les gens au travail et pour assurer son commandement sur la production et la reproduction sociale. C’est en ce sens qu’il s’agit d’une question politique : les nouvelles technologies, telles qu’elles sont développées, contribuent historiquement à désorganiser la résistance dans les milieux de travail comme dans la vie quotidienne, en augmentant la productivité, en disqualifiant la main-d’œuvre ou en extirpant du profit des activités humaines, parfois même à notre insu. Envisagés de cette manière, l’enthousiasme soulevé par les possibilités libératrices des technologies nouvelles et l’attentisme qui l’accompagne sont plus désarmants qu’autre chose. Et ça va autant pour les questions écologiques. L’introduction des technologies de la communication dans toutes les sphères de la vie et l’automatisation de plus en plus sophistiquée de la production donne l’impression de décharger les gens des tâches pénibles, de faciliter une socialisation plus progressiste et d’offrir des avenues plus « vertes » pour sauver la planète. Seulement, dès qu’on gratte un peu et qu’on retire ses lunettes nationalistes, on va bien au-delà des nuances.

*Lecture* Une gang de tu-seuls: télétravail et dystopie pandémique

Lecture par Etienne SIMARD de son article «Une gang de tu-seuls: télétravail et dystopie pandémique».

Écrire la grève des stages

Par COLLECTIF —

Le point de départ de la campagne des CUTE est d’ailleurs radicalement différent : les stagiaires, traditionnellement exclues des mobilisations étudiantes, étaient les protagonistes principales. Pendant quelques mois, elles sont devenues les actrices d’une grève offensive pour la rémunération des stages. Hors du radar de la gauche traditionnelle, elles ont mis en grève 60 000 étudiant·e·s et, pour une première fois dans l’histoire du mouvement étudiant québécois, des milliers de stagiaires étaient de la partie.

« Les luttes pour un salaire doivent continuer d’exister » : Discussion avec Silvia Federici et George Caffentzis

Par Camille MARCOUX et Etienne SIMARD —

Or, à partir des années 1960, les universités deviennent des usines. Elles représentent un passage obligé, concrétisé par l’obtention d’un diplôme qui n’est plus dorénavant une marque de privilège. La démocratisation de la fréquentation universitaire faisait d’ailleurs partie d’un plan explicite et élaboré du capital: la classe ouvrière recevra une éducation supérieure.

Une gang de tu-seuls : télétravail et dystopie pandémique

Par Etienne SIMARD —
La crise sanitaire a précipité la généralisation du télétravail à domicile dans bon nombre de secteurs. S’il présente une situation privilégiée face aux risques de contagion et des avantages non négligeables en termes de flexibilité, il attaque aussi nos capacités d’auto-organisation en milieux de travail et contribue à moyens termes à la détérioration de nos conditions de vie. D’abord en faisant éclater les collectifs de travail déjà mal en point, ensuite en nous dépossédant d’espaces de réflexion théorique et pratique nécessaire à la prise de contrôle sur toutes les dimensions des luttes pour l’amélioration et la transformation de la vie.