Par Christina ROUSSEAU — Dans ce texte, j’examine l'émergence de Wages Due Lesbians, un groupe lesbien qui faisait partie de la branche canadienne de l’organisation féministe marxiste Wages for Housework. En faisant une étude de cas historique, je revisite la notion de «visibilité» en rapport à la maternité lesbienne au Canada dans les années 1970 en analysant les luttes pour le bien-être social, pour la garde des enfants et contre la violence. À travers cette étude de cas, je présente les idées en évolution constante en ce qui a trait à la respectabilité et à l'homosexualité, à partir des années 1970...

Une conversation avec la théoricienne Leigh Claire La Berge à propos du concept de travail démarchandisé, qu’elle propose pour penser le travail après la financiarisation. Soulignant l’omniprésence du travail et la disparition des salaires dans notre moment contemporain, La Berge propose une analyse et une périodisation de la relation capital-travail à la lumière de la récente explosion de formes non rémunérées de travail. C’est cette situation, où travailler plus implique d’être payé moins, voire pas du tout, qu’elle souligne par le travail démarchandisé, dont les sites d’emploi combiné et inégal se multiplient, de la télé-réalité à l’exercice de la citoyenneté,...

Par Leigh Claire LA BERGE — Dans la perspective de repenser le marxisme, je voudrais suggérer un retour à la question du travail et, en particulier, à une certaine configuration du travail: le travail démarchandisé. En tant que manière de penser le travail ayant émergé après la financiarisation, le travail démarchandisé renvoie à l’épuisement du même rapport salarial qui continue, malgré tout, à structurer nos vies. La maxime « peiner au travail ou travailler à peine » a besoin d’une nouvelle conjoncture: à l’ère du travail démarchandisé, on se retrouve à peiner au travail et à travailler à peine. Je suggère...