Leigh Claire La Berge

 

Leigh Claire La Berge est l’auteure de nombreux ouvrages de critique économique, parmi lesquels Scandals and Abstraction: Financial Fiction of the Long 1980s (2014), Wages Against Artwork: Decommodified Labor and the Claims of Socially Engaged Art (2019) ainsi que Reading Capitalist Realism (2014), qu’elle a co-édité. Elle est professeure agrégée d’anglais au Borough of Manhattan Community College de la City University of New York et travaille présentement sur un nouveau livre portant sur l’histoire économique, l’art et l’animalité: Marx for Cats: A Radical Bestiary. On peut lire son travail en ligne ici: https://cuny.academia.edu/LeighClaireLaBerge

Le travail démarchandisé : conceptualiser le travail après le salaire

Par Leigh Claire LA BERGE —

Dans la perspective de repenser le marxisme, je voudrais suggérer un retour à la question du travail et, en particulier, à une certaine configuration du travail: le travail démarchandisé. En tant que manière de penser le travail ayant émergé après la financiarisation, le travail démarchandisé renvoie à l’épuisement du même rapport salarial qui continue, malgré tout, à structurer nos vies. La maxime « peiner au travail ou travailler à peine » a besoin d’une nouvelle conjoncture: à l’ère du travail démarchandisé, on se retrouve à peiner au travail et à travailler à peine. Je suggère que le travail démarchandisé offre aux critiques culturelles une formule pour isoler le travail aujourd’hui, qui prend en compte sa relation avec le salaire, permet de périodiser la relation capital-travail et met en évidence les changements financiers ainsi que la nécessité durable du travail sous le capitalisme.

Entrevue avec Leigh Claire La Berge

Jeudi, 7 mai 2020 – Une conversation avec la théoricienne Leigh Claire La Berge à propos du concept de travail démarchandisé, qu’elle propose pour penser le travail après la financiarisation. Soulignant l’omniprésence du travail et la disparition des salaires dans notre moment contemporain, La Berge propose une analyse et une périodisation de la relation capital-travail à la lumière de la récente explosion de formes non rémunérées de travail. C’est cette situation, où travailler plus implique d’être payé moins, voire pas du tout, qu’elle souligne par le travail démarchandisé, dont les sites d’emploi combiné et inégal se multiplient, de la télé-réalité à l’exercice de la citoyenneté, en passant par l’école.