Le travail démarchandisé : conceptualiser le travail après le salaire

Par Leigh Claire LA BERGE —

Dans la perspective de repenser le marxisme, je voudrais suggérer un retour à la question du travail et, en particulier, à une certaine configuration du travail: le travail démarchandisé. En tant que manière de penser le travail ayant émergé après la financiarisation, le travail démarchandisé renvoie à l’épuisement du même rapport salarial qui continue, malgré tout, à structurer nos vies. La maxime « peiner au travail ou travailler à peine » a besoin d’une nouvelle conjoncture: à l’ère du travail démarchandisé, on se retrouve à peiner au travail et à travailler à peine. Je suggère que le travail démarchandisé offre aux critiques culturelles une formule pour isoler le travail aujourd’hui, qui prend en compte sa relation avec le salaire, permet de périodiser la relation capital-travail et met en évidence les changements financiers ainsi que la nécessité durable du travail sous le capitalisme.