Par Camille MARCOUX et Etienne SIMARD — Or, à partir des années 1960, les universités deviennent des usines. Elles représentent un passage obligé, concrétisé par l’obtention d’un diplôme qui n’est plus dorénavant une marque de privilège. La démocratisation de la fréquentation universitaire faisait d’ailleurs partie d'un plan explicite et élaboré du capital: la classe ouvrière recevra une éducation supérieure....

Par Émilie BERNIER — Parce que le sentiment d’impuissance n’est qu’un des dispositifs du régime postfordiste d’accumulation, je propose de refuser d’y obtempérer, de subir l’acheminement du monde vers la ruine comme nous semblons disposés à le faire. Une telle posture n’a rien d’utopique ; elle est celle ce qui assume, sans nostalgie, scrutant avec résolution et dignité les ambivalences du présent, la dépense totale et sans reste de toute puissance productive....

SALAIRE, REVENU ET DETTE - Dans le cadre de ce premier appel de textes, la revue Ouvrage sollicite les contributions de militant·e·s, de chercheuses et de chercheurs pour réfléchir aux questions de salaire, de revenu et de dette dans une perspective contemporaine ou historique. Quels bilans faire des luttes passées ? Comment penser les allocations d’urgence (PCU, primes covid, etc.) dans le rapport salarial ? Quels sont les rapports de la gauche avec ces nouvelles prestations ? Comment s’y prendre pour penser les « sans-salaires » dans un monde centré sur le travail ? Quelles réponses collectives donner à l’endettement...

Par Éloi HALLORAN et Camille TREMBLAY-FOURNIER — Dans le contexte de pandémie, les structures physiques de l’éducation postsecondaire sont plus ou moins complètement remplacées par des structures numériques. Bien que cette tendance précède le contexte actuel, la mise en ligne de l’éducation postsecondaire repose maintenant presque exclusivement sur le domicile étudiant comme nouvel espace de travail. Le numérique passe ainsi d’une médiation du travail étudiant entre l’école et la maison à sa domiciliation presque complète. Tout cela est médié par leurs connexions Wi-Fi, que les étudiant·e·s partagent bien souvent avec leur famille ou leurs colocataires, comme iels partageaient autrefois les chemins...

Par Jason READ — À partir de Hegel, nous pourrions dire que l’État doit continuellement maintenir le lien entre les significations éthique et économique du travail, entre le travail en tant que discipline et le travail en tant que production de biens et de services nécessaires réparant ce que le capital lui-même brise par l’automatisation des emplois. C’est l’État qui nous dit que tous les emplois sont essentiels. L’idéologie dominante qui nous dit que « nous travaillons pour gagner notre vie » présente une relation artificielle et médiatisée comme une relation naturelle, ce qui transforme le fait plus complexe que...

Par Christina ROUSSEAU — Dans ce texte, j’examine l'émergence de Wages Due Lesbians, un groupe lesbien qui faisait partie de la branche canadienne de l’organisation féministe marxiste Wages for Housework. En faisant une étude de cas historique, je revisite la notion de «visibilité» en rapport à la maternité lesbienne au Canada dans les années 1970 en analysant les luttes pour le bien-être social, pour la garde des enfants et contre la violence. À travers cette étude de cas, je présente les idées en évolution constante en ce qui a trait à la respectabilité et à l'homosexualité, à partir des années 1970...

Par Leigh Claire LA BERGE — Dans la perspective de repenser le marxisme, je voudrais suggérer un retour à la question du travail et, en particulier, à une certaine configuration du travail: le travail démarchandisé. En tant que manière de penser le travail ayant émergé après la financiarisation, le travail démarchandisé renvoie à l’épuisement du même rapport salarial qui continue, malgré tout, à structurer nos vies. La maxime « peiner au travail ou travailler à peine » a besoin d’une nouvelle conjoncture: à l’ère du travail démarchandisé, on se retrouve à peiner au travail et à travailler à peine. Je suggère...