Par le COMITÉ AUTONOME DU TRAVAIL DU SEXE — Nous souhaitons, nous aussi, canaliser toute la colère et le désespoir que nous inspire la situation actuelle dans la création d’un mouvement de TDS fort afin de faire des gains politiques qui auront des impacts sur nos vies. La pandémie exacerbe certes les inégalités, mais nous souhaitons également en faire un moment de solidarité et de luttes pour de meilleures conditions de travail et de vie. On dit que seule la lutte paie, et nous pensons que ce n’est pas seulement des poches de nos clients que doit venir cette paie, mais également de celles de l’État duquel...

Valérie Simard de la revue Ouvrage et Nesrine Tedjini-Baïliche du collectif Pour une dignité politique s'entretiennent avec Gwenola Ricordeau, autrice de "Pour elles toutes: Femmes contre la prison". Car il nous apparaît urgent d’user de tous les outils à notre disposition afin d’abattre les pouvoirs les plus criminels de l’État colonial, il nous semble indispensable de penser l’abolitionnisme pénal et non seulement carcéral, ensemble....

Le CATS – Comité autonome du travail du sexe – à Montréal faisait son lancement le 3 mars 2021. Le groupe revendique la décriminalisation du travail du sexe et de meilleures conditions de travail dans l’industrie du sexe. Valérie Simard, membre du comité de rédaction, s’est entretenue avec quelques membres pour en savoir plus sur leur mode d’organisation, les revendications portées et les difficultés vécues par les travailleuses et travailleurs dans l’industrie....

Entretien avec CARI MITCHELL du English Collective of Prostitutes par le CATS - En l’an 2000, l'English Collective of Prostitutes (ECP) a organisé une grève du travail du sexe qui s'inscrivait dans le cadre de la grève mondiale des femmes à l'occasion de la Journée internationale des femmes. La Global Women's Strike est une campagne internationale destinée aux organisations qui souhaitent mettre en avant le travail essentiel effectué par les femmes, qu'il soit non rémunéré ou sous-payé. Une grève du travail du sexe a été organisée à nouveau le 8 mars en 2014 et 2019 avec d'autres organisations de travailleuses du...

Par Laura AGUSTÍN — Pour appuyer l’idée selon laquelle le sexe reproduit la vie sociale, on peut souligner que les personnes suffisamment chanceuses pour connaître une vie sexuelle satisfaisante se sentent fondamentalement confirmées et renouvelées par elle. En ce sens, une travailleuse qui fournit des services sexuels effectue un travail de reproduction. Le travail du sexe rémunéré est un service de soins lorsque les travailleuses fournissent de la compagnie semblable à celle d’un·e ami·e ou d’un·e thérapeute et lorsqu’elles donnent des tapes dans le dos — que la compassion soit feinte ou non....

Par Adore GOLDMAN — Cette crise nous rappelle ainsi l’importance de reconnaître les revenus des TDS comme un salaire et la nécessité de leur donner accès aux droits du travail, ce qui passe d’abord par la décriminalisation. Dans le contexte où travailler revient à s’exposer à un virus extrêmement contagieux, on voit bien que la seule façon de refuser d’effectuer travail est d’être payé·e pour ne pas le faire....

Par Juno MAC et Molly SMITH — L’horreur et le travail sont posés comme antithèses : si la prostitution est horrible, il ne peut pas s’agir d’un travail. Nous pensons pourtant qu’il est plus pertinent de partir d’un point de départ différent : il n’est pas raisonnable de présumer que le travail, peu importe le type — incluant le travail du sexe — est généralement bon. Les personnes qui n’ont jamais vendu de sexe pensent souvent qu’il doit s’agir d’un travail terrible, et plusieurs travailleur·euse·s du sexe seraient bien d’accord. Cependant, ces travailleur·euse·s ne situent peut-être pas le problème dans la...