Par Nesrine TEDJINI-BAÏLICHE — Me voilà à ma seconde immigration, cette fois avec un visa précaire. Je pensais l’université québécoise plus ouverte que la française, mais j'y découvre une institution blanche et coloniale. Le terrain est abrupt, violent. C’est bien évidemment un terrain de lutte avec des règles bien précises, qu’on ne maitrise pas d'avance. Un jour sur deux, l'envie d’abandonner les études me taraude, car rares sont les enseignant·e·s qui prennent compte du récit de l’opprimé dans le cadre des récits nationaux. Rares sont ceux et celles qui prennent en compte les oppressions raciales dans leur analyse, et rares aussi...